Comment calculer votre marge horaire en tant qu’artisan en entreprise individuelle?

March 22, 2025

En tant qu’artisan indépendant dans le secteur du BTP, la rentabilité de vos chantiers dépend fortement de votre capacité à bien calculer votre marge horaire. Une bonne gestion financière est essentielle pour couvrir vos charges, dégager du bénéfice et assurer la pérennité de votre activité. Voici comment procéder étape par étape pour optimiser la gestion financière de votre activité artisanale.

Qu’est-ce que la marge horaire ?

La marge horaire est la différence entre le tarif horaire que vous facturez à vos clients et votre coût horaire réel de fonctionnement. Cette donnée vous permet d’ajuster efficacement vos tarifs et d’assurer une rentabilité réelle.

Étape 1 : Calculer vos charges fixes et variables

Pour bien définir votre tarif horaire, il est crucial de commencer par une analyse précise de vos coûts. Ces coûts sont répartis en deux catégories principales: les charges fixes, indépendantes du volume d'activité, et les charges variables, directement liées aux chantiers réalisés.

Charges fixes (incompressibles et récurrentes) :

  1. - Loyer de votre local professionnel
  2. - Assurances professionnelles obligatoires (RC Pro, décennale...)
  3. - Cotisations sociales (URSSAF, sécurité sociale des indépendants)
  4. - Frais bancaires et administratifs
  5. - Amortissement des équipements et outils de travail

Exemple :

  1. - Loyer : 400 €/mois
  2. - Assurances : 200 €/mois
  3. - Cotisations sociales : 600 €/mois
  4. - Frais bancaires : 50 €/mois
  5. - Amortissement outils : 100 €/mois Total charges fixes mensuelles = 1350 €/mois

Charges variables (liées directement à l'activité) :

  1. - Matériaux utilisés sur les chantiers
  2. - Carburant et frais de déplacement
  3. - Consommables divers (vis, colle, peinture, etc.)

Exemple :

  1. - Matériaux : 800 €/mois
  2. - Carburant : 200 €/mois
  3. - Consommables : 100 €/mois Total charges variables mensuelles = 1100 €/mois

Étape 2 : Intégrer le temps non facturable

Pensez à inclure le temps non facturable (gestion administrative, préparation des devis, déplacements sans facturation directe). En général, ce temps représente entre 10% et 20% de vos heures travaillées.

Exemple :

  1. - Heures travaillées : 160 heures/mois
  2. - Temps non facturable (15%) : 24 heures/mois
  3. - Temps effectif facturable : 136 heures/mois

Étape 3 : Déterminer votre coût horaire réel

Calculez vos charges totales, puis divisez les par les heures effectivement facturables :

Charges totales mensuelles : 1350 € + 1100 € = 2450 €/mois

Coût horaire réel = 2450 € / 136 heures ≈ 18,01 €/heure

Étape 4 : Calculer la marge horaire souhaitée

Fixez une marge bénéficiaire en tenant compte de votre secteur d’activité, de votre localisation géographique et de l’urgence des travaux. Une marge entre 30 % et 50 % est recommandée pour couvrir les périodes creuses et les imprévus.

Exemple (marge de 40 %) :

Marge horaire = 18,01 € x 40 % ≈ 7,20 €/heure

Étape 5 : Fixer votre tarif horaire final

Votre tarif horaire final est la somme du coût horaire réel et de la marge horaire souhaitée :

Tarif horaire final = 18,01 € + 7,20 € ≈ 25,21 €/heure (arrondi à 26 €/heure)

Conseils complémentaires pour bien ajuster votre marge
  1. Révision régulière du tarif horaire : Surveillez les évolutions du marché et de vos charges pour ajuster votre tarif chaque trimestre.
  2. Influence de votre localisation géographique : Les tarifs peuvent varier selon les régions ; adaptez-vous aux pratiques locales pour rester compétitif.
  3. Urgence des travaux : Facturez un supplément en cas d'interventions urgentes, nécessitant réactivité et flexibilité.
  4. Marge de sécurité : Intégrez toujours une marge supplémentaire pour anticiper les périodes creuses ou les imprévus majeurs.
Éléments importants à considérer pour affiner votre calcul
  1. Saisonnalité de l’activité : Certaines périodes de l'année sont plus actives que d’autres. Anticipez ces fluctuations en ajustant votre tarif ou en provisionnant des fonds pour les périodes moins actives.
  2. Évolution des coûts des matériaux : Les prix des matériaux fluctuent régulièrement. Surveillez ces évolutions pour ne pas impacter votre rentabilité.
  3. Évolution de votre activité : Pensez à la croissance potentielle de votre activité et aux investissements nécessaires (nouveaux outils, embauches éventuelles).
Erreurs courantes à éviter
  1. Sous-estimation des charges indirectes : Intégrez les frais de gestion administrative, communication, formation et maintenance.
  2. Omission du temps non facturable : Un oubli fréquent qui affecte considérablement la rentabilité.
  3. Confusion chiffre d'affaires et bénéfices : Votre tarif doit clairement distinguer le coût réel et le bénéfice réel dégagé.

En suivant ces étapes précises, vous assurerez efficacement la rentabilité et la pérennité de votre activité artisanale dans le secteur du BTP.

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